Atta

Atta est un des nombreux genres de fourmi tropicale champignonniste du Nouveau Monde.


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Myrmicinae - Fourmi - Hyménoptère (nom scientifique)

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Fourmis Atta
 Atta colombica
Atta colombica
Classification
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Sous-embr. Hexapoda
Classe Insecta
Sous-classe Pterygota
Infra-classe Neoptera
Super-ordre Endopterygota
Ordre Hymenoptera
Sous-ordre Apocrita
Super-famille
Famille Formicidæ
Sous-famille Myrmicinæ
Tribu
Genre
Atta
Fabricius, 1805

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Atta est un des nombreux genres de fourmi tropicale champignonniste du Nouveau Monde.

Fourmis champignonnistes

Parmi le fabuleux monde des fourmis existent des fourmis champignonnistes ou fourmis coupeuses de feuilles. Elles sont représentées essentiellement par le genre Atta et le genre Acromyrmex. Les fourmis champignonnistes sont particulièrement abondantes en Amazonie mais également dans les forêts humides de l'extrême sud des États-Unis, même dans les régions semi-désertiques comme en Arizona, Texas, Nouveau-Mexique, le Mexique, et l'Amérique Centrale jusqu'au nord de l'Argentine et de l'Uruguay, en passant par les Antilles. Elles jouent dans ces régions un rôle écologique et occasionnellementun rôle économique particulièrement important en défoliant les arbres fruitiers et les cultures.

Atta en train de découper une feuille

.

Ces fourmis, sont le plus fréquemment nommées «fourmis champignonnistes» ou encore «fourmis parasol», «fourmis surfeuses», ce sont des «coupeuses de feuilles». Elles sont caractérisées par de puissantes et tranchantes mandibules capables même de trancher, à la manière de cisailles, les feuilles les plus coriaces et épaisses de certaines plantes. La tribu des Attini dont font partie les Atta comptent 12 genres et plus de 190 espèces réparties dans le Nouveau Monde.


À la recherche de nourriture

Atta mexicana 0017b LÐjpg

En réalité, les fourmis champignonnistes ne se nourrissent pas des feuilles, brindilles et fleurs qu'elles récoltent et transportent dans leur nid. Toute la matière végétale récoltée ne sert que de support organique indispensable au champignon dont elles se nourrissent. Les fourmis Atta utilisent pour cultiver ce dernier diverses variétés d'arbres, de fleurs et de plantes. Elles sont particulièrement sélectives et n'acceptent pas l'ensemble des végétaux. Aussi, elles ont pour habitude de défolier une essence d'arbres ou de plantes pour un certain temps et ensuite refuser radicalement cette même essence pendant des semaines pour une autre essence et ainsi de suite. «Ce qui donne des problèmes en captivité car une bonne variété de plantes est nécessaire». Ce phénomène de diversification sélective évite ainsi de surexploiter et de mettre en péril les espèces végétales qu'elles utilisent. Elles peuvent découper les feuilles d'arbres sains ou d'arbres tombé au sol. Quand un grand arbre s'effondre sur lui-même, ce qui arrive dans certains cas en début de saison des pluies tandis que les branches couvertes d'épiphytes se chargent du poids de l'eau de pluie, ces fourmis accourent en colonnes denses. Quelquefois en 12 à 48 heures, elles défolient entièrement l'arbre. Ces feuilles découpées en morceaux sont transportées dans la fourmilière où elles sont découpées en morceaux plus petits, qui, serviront de support aux cultures d'un champignon, dont le mycélium est une des nourritures de la colonie de ces fourmis.

défoliation par les Atta

Impacts économiques

Les impacts économiques des fourmis champignonnistes sur les cultures sont grands. Dans plusieurs régions, ces fourmis sont reconnues comme nuisibles. En effet les fourmis coupeuses de feuilles sont de loin, les herbivores les plus dominants dans la région néotropicale, elles dépassent largement l'exploitation de la végétation des mammifères et de la totalité d'autres insectes[1]. Les premiers colonisateurs portugais en Amérique du Sud, disaient que le Brésil était le «Royaume des fourmis» (1587).

Les Castes

Les castes chez Atta cephalotes

La fourmilière est constituée exclusivement de femelles, soit les ouvrières non fécondes divisées en castes «les minima, intermedia et maxima ou soldats» et de la reine. Les mâles ou «princes», ne sont conçus qu'une fois par année avec les nouvelles reines, que pour l'essaimage, «c'est-à-dire la fondation de nouvelles colonies» et meurent immédiatement après l'accouplement.

Les soldats apparaissent peu après la fondation de la nouvelle colonie, lorsque celle-ci atteint quelques centaines d'ouvrières. Ils sont 300 fois plus lourds que les fourmis qui cultivent le champignon nommées «minima», elles-mêmes bien plus petites que les ouvrières. Les soldats ou soldates puisque ce sont toutes des femelles compte pour à peu près 2 pour cent de la colonie, chez certaines espèces cela peut aller jusqu'à cinq pour cent. Ces dernières mais aussi les ouvrières sont pourvues de puissantes mandibules acérées, qui peuvent aisément trancher de feuillage coriaces de certains végétaux et même le cuir et la peau humaine.

Sur la photo de droite on peut voir les castes chez Atta cephalotes ; dans la rangée du haut il y a six reines dont une a toujours ses ailes. Sur paillettes de gauche à droite, les deux premières sont des «minima», ensuite quatre «intermedia» de diverses grosseurs et un «soldat». Malheureusement il n'y a pas de «prince» représentés. Les princes sont de mêmes aspects que les reines mais plus petits.

La vie de la reine

Une reine peut vivre 15, 20, ou alors 30 ans, et pondre, estime-t-on, jusqu'à 150 millions d'œufs. La reine est fécondée en vol jusqu'à plus d'une trentaine de mètres, l'après-midi ou de nuit (selon les espèces), par plusieurs mâles. Il est particulièrement impressionnant de voir des milliers de princes et princesses se masser et voleter frénétiquement autour des lumières près des bâtiments. Les individus qui sont attirés ainsi meurent en uniquement quelques heures d'épuisement et jonchent littéralement le sol comme un immense tapis.

Le taux de mortalité est extrêmement élevé chez les nouvelles reines. Au Brésil, on a observé que sur 13 300 fondations de colonies dAtta capiguara, uniquement une douzaine avaient survécu après trois mois, [2] À nouveau, sur un départ de 3 558 nouvelles colonies dAtta sexdens rubropilosa, uniquement 90 ou 2, 5 pour cent étaient toujours en vie après trois mois, [3].

Il faut bien comprendre que la survie de la colonie est tributaire de l'énergie, la fécondité et de l'efficacité de la reine. La réussite est conditionnée à la plupart de facteurs, depuis sa naissance, la qualité du champignon mis dans son jabot, l'essaimage et l'accouplement, la température extérieure, les nombreux prédateurs, la découverte rapide d'un bon lieu pour la future colonie, l'amorce du champignon et la viabilité de ce dernier. Les avaries comme la pluie qui peut défaire le sol et noyer la loge. Voilà tout un tas de facteurs qui expliquent en partie le taux particulièrement bas de réussite.

La formation d'une colonie

La fondation

La nouvelle reine fécondée, une fois rendue au sol, se libère de ses ailes par autotomie, ensuite, elle cherche un lieu approprié pour fonder sa colonie. Le plus fréquemment elle se creusera une petite loge dans la terre et choisira surtout de s'installer près de petites racines d'arbres desquelles elle pourra tirer la matière organique pour cultiver son champignon. La nouvelle reine, avant de partir du nid, a emporté dans son jabot une minuscule portion du champignon original. C'est à partir de cet échantillon qu'elle va cultiver une première chambre à champignon.

La première chambre

Atta mexicana - reine avec des ouvrières

La loge, en premier lieu toute petite de la grosseur d'une pièce de monnaie, la reine y entreprend son long labeur, la fondation de sa colonie. Elle régurgite son champignon «amorce» et l'imbibe de gouttelettes de déjections fécales comme substance fertilisante. Elle y incorpore de minuscules morceaux de matières organiques provenant de racines et radicelles. Le champignon, grâce à ses soins, va croître jusqu'à quelques centimètres. Dès que ce dernier est bien implanté, elle pont quelques œufs, jusqu'à une vingtaine pour commencer. Durant tout le temps ou elle cultive le champignon et élève ses œufs, la reine ne se nourrira pas. Elle nourrit ses quelques larves avec le champignon jusqu'à leurs maturités. Les nouvelles ouvrières nées prendront le relais pour les soins du champignon et des nouveaux œufs et larves. Les nouvelles ouvrières ne sortent pas tout de suite à l'extérieur, en fait elles prendront quelques jours voir une semaines ou deux pour cela. Elles creusent ensuite une ouverture et partent en exploration du territoire. Travailleuses acharnées, les fourmis rapportent morceaux de feuilles, de fleurs, brindille et tiges pour leur culture. Tranquillement la colonie grossit, de même que le champignon. La taille de la colonie sera toujours en proportion avec la capacité du champignon à apporter la précieuse nourriture. La taille de la chambre est elle aussi proportionnelle à la grosseur du champignon, ne laissant toujours qu'un mince espace entre les parois de la chambre et la surface du champignon. Au fur et à mesure que ce dernier grossit, elles excavent le sol tout au tour. Lorsque le champignon a atteint une taille suffisante, les fourmis creusent alors une deuxième chambre.

Explosion de la colonie

Fourmis atta transportant leur morceaux de feuille

La colonie est désormais prospère, en effet la reine pond à plein régime, tant et si bien que l'évolution de la colonie est exponentielle. Les ouvrières creusent une deuxième chambre, celle-ci va suivre le même cheminement de croissance que la première chambre. Dans un premier temps à l'état de petite loge, de petits morceaux de champignon de la première chambre y sont transférés comme amorce. Par la suite les ouvrières le cultivent comme un champignon indépendant. Lorsque la seconde chambre atteint son maximum, une troisième est construite et ainsi de suite...

Après un certain nombres de chambres à champignons (dans les dizaines) les fourmis entreprendront plusieurs nouvelles chambres en même temps.

Des colonies géantes

Selon les espèces, elles vivent en petites colonies de quelques centaines de fourmis jusqu'aux immenses colonies d'Atta de plusieurs milliers voir millions d'individus. Les plus grosses colonies sont celles d'Atta sexdens et Atta sexdens rubropilosa , Atta vollenweideri qui peuvent atteindre de 4 à 8 millions d'individus[4]. La dimension d'une seule fourmilière pouvant atteindre de 30 à 600 m² incluant l'érosion du sol environnant[5] due aux coupes de végétaux et au nettoyage du sol que font les fourmis.

Quelques espèces

Atta sp. , transportant une feuille.
Atta cephalotes au travail

Selon ITIS :

Ces espèces peuvent cultiver différents champignons.

Bibliographie

Les fourmis, comportement, organisation social et évolution, Luc Passera et Serge Aron, Ed : Presses du CNRC, (2005). ill. 480 pages.

Notes et références

  1. Holldobler, Bert, and Wilson, Edward O. The Ants. Ed : The Belknap Press. 732 pages. (1990)
  2. (Fowler, H. G., V. Pereira-da-Silva, L. C. Forti, and N. B. Sæs. 1986b Population dynamics of leaf-cutting ants :pp. 123-145. Westview Press, Boulder. )
  3. (Autuori, M. 1950a Contribuiçao para o conhecimento da saùva (Atta sp. Archivos do Instituto Biologico, Sao Paulo, 19 (22)  :325-331. )
  4. Holldobler, Bert, and Wilson, Edward O. The Ants. Ed : The Belknap Press. 732 pages. (1990)
  5. Holldobler, Bert, and Wilson, Edward O. The Ants. Ed : The Belknap Press. 732 pages. (1990)

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 27/10/2010.
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