Marabunta

Le mot Marabunta sert à désigner en Amérique hispanophone une migration massive et destructrice de fourmis légionnaires, une plaga d'hormigas, terme où le mot plaga («fléau», «plaie») est pris dans le même sens que les plaies bibliques de l'Ancienne Egypte.



Catégories :

Fourmi

Recherche sur Google Images :


Source image : www.twenga.fr
Cette image est un résultat de recherche de Google Image. Elle est peut-être réduite par rapport à l'originale et/ou protégée par des droits d'auteur.

Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • Lorsque la Marabunta gronde (The Naked Jungle), 1954, de Byron Haskin avec Eleanor... de la marabunta, une fourmi rouge d'une taille au-dessus de la moyenne.... (source : cinemotions)

Le mot Marabunta sert à désigner en Amérique hispanophone une migration massive et destructrice de fourmis légionnaires, une plaga d'hormigas («plaie de fourmis»), terme où le mot plaga («fléau», «plaie») est pris dans le même sens que les plaies bibliques de l'Ancienne Egypte. Marabunta n'est pas le nom spécifique d'une fourmi, mais sert à désigner le déplacement dévastateur des hormigas cazadoras («fourmis chasseuses»), surtout celles du genre Eciton, vivant en Amérique Centrale et en Amérique du Sud.

Cette «fourmi légionnaire» ou «fourmi guerrière» n'a pas de nid permanent. Les ouvrières forment un nid provisoire (le bivouac) à partir de leurs propres corps. Elle est reconnue pour son agressivité, le passage d'une colonie étant particulièrement dévastateur. Armand Reclus, voyageur et explorateur français du XIXe siècle, décrit ainsi le passage de la marabunta, auquel il a assisté pendant son exploration de l'isthme de Panama, avant le percement du canal :

«On dirait un tapis brunâtre et vivant qui se meut et s'agite tout en restant adhérent au sol dont il dessine les moindres accidents... Leurs noires légions couvrent juqu'à cent pieds carrés de terrain ; elles ne connaissent ni obstacles ni ennemis ; où elles ont passé, il ne reste plus rien : de tout animal au-dessous de la taille d'un rat, il ne faut que cinq minutes pour faire un squelette admirablement nettoyé ; une couvée de poussins n'a pas le temps de s'enfuir, les chiens et les porcs se sauvent éperdus. Lorsqu'elle s s'approchent d'une maison, il faut leur laisser la place : par les fentes des portes, des fenêtres, des murs, par les interstices des toits, elles envahissent le logis, elles pénêtrent partout ; bienheureux si on peut, à la hâte, sauver les victuailles ; par contre, une ou deux heures aprés, on retrouve la case totalement purgée de l'ensemble des vermines qui l'infestaient. Une visite de cazadores est le meilleur des balayages. »
    — Armand Reclus, explorateur, in Explorations aux Isthmes de Panama et de Darien (1877) , Tour du Monde, 1880

Dana et Ginger Lamb, un jeune couple de voyageurs, ont traversé dans les années 50 la jungle d'Amerique Centrale en bivouaquant et en vivant de chasse, de pêche et de cueillette. Curieusement, la relation de ces précurseurs des back-packers fait de leur pénétration dans la jungle (Dans la jungle Maya, traduction de R. Villoteau, éditions Julliard) un voyage au pays d'Eden, alors que A. Reclus (comme Raymond Maufrais presque cent ans plus tard) évoque plutôt une épuisante succession d'épreuves. Cependant les Lamb décrivent (avec une innocence qui rend leur relation trés crédible) comment les fourmis précédées d'éclaireurs ont envahi leur camp, heureusement localisé à côté d'une petite riviére. Ils se sont dans ce cas réfugiés sur l'autre rive, d'où ils ont pu observer la marabunta. Les fourmis progressaient inexorablement, en groupe organisé, en transportant et en se passant de l'une à l'autre leur couvain et leurs larves, formant des ponts de leurs propres corps pour franchir les obstacles, dépeçant tout produit comestible, et essayant même de traverser le feu pour atteindre le gibier mis à boucaner...

Par contre, au Brésil, le mot Marabunta (voir articles Marabunta et Formiga-correiçào sur Wikipédia en portugais) sert à désigner une fourmi bien particuliére : Cheliomyrmex andicola, de la sous-famille des Ecitoninæ, qui, selon WP «vit essentiellement sous la terre dans les selvas tropicales (jungles tropicales) d'Amérique. Elle est de couleur rougeâtre et de taille moyenne. Ses mandibules sont de grands crochêts dentelés qui lui permettent de s'accrocher à ses proies. Sa piqûre est extrêmement douloureuse, irritante et paralysante, la douleur est comparable à celle génèrée par les «fourmis de feu». Elle consomme la chair des vertébrés comme lézards, serpents et oiseaux, et d'animaux énormément plus gros, et même de l'homme».

Au Brésil, selon Wikipedia en portugais, la migration dévastatrice des fourmis carnivores se nomme non pas marabunta mais taoca ou tanoca. Dans la famille des Formicidæ américaines, ce comportement est commun à plusieurs sous-familles, comme les Ponerinæ, les Leptanilloïdinæ, les Leptanillinæ, et les Ecitoninæ (dont fait partie Cheliomyrmex andicola, la fourmi-marabunta). Leur invasion est semblable à celle décrite plus haut, outre l'observation que des oiseaux suivent la taoca, pour capturer les insectes et les petits animaux qui cherchent à fuir l'invasion de la formiga-correiçào...

La marabunta est-elle bruyante ? Un film américain (The Naked Jungle, de Byron Haskin, 1954) dans lequel Charlton Heston joue le rôle d'un planteur qui devra ouvrir un barrage pour noyer une marabunta, a vu son titre traduit en espagnol par Cuando ruge la marabunta («lorsque la marabunta rugit»). C'est probablement ce titre espagnol qui a inspiré aux circuits de distribution cinématographique français le titre Lorsque la marabunta gronde, sans doute attirant, mais qui ne reflête pas la réalité. Armand Reclus ne parle que d'un bruissement : «toutes les bestioles s'empressent de détaler ; on entend de tous côtés, à travers les feuilles mortes, le bruissement de ces fugitifs qui s'éloignent en grande hâte de cette phalange hérissée de mandibules». Quant à Dana Lamb, il dit que leur couple a été alarmé par le silence subit qui régnait dans la jungle, et que c'est en partant dans ce cas en reconnaissance autour du camp qu'il a découvert les éclaireurs de la marabunta : il était pieds nus (!), il a marché sur une grande fourmi-soldat et a ressenti au pied comme une brûlure au fer rouge... Par contre Dana Lamb souligne l'odeur (forte et même nauséeuse), qui accompagne la vague de fourmis, et pense qu'il s'agit d'une substance chimique qui permet au groupe d'assurer sa cohésion... Quant à la taille de la marabunta, qui génère ses capacités de déplacement et de nuisance, elle fluctue avec les facteurs écologiques locaux. Il est envisageable qu'une énorme marabunta puisse entraîner une fuite des hommes, et l'abandon d'un village, comme dans le film The Naked Jungle. Cependant l'effet bénéfique de la marabunta a été souligné par A. Reclus : l'ensemble des autres «plaies» tropicales non microscopiques disparaissent, momentanément.

Voir aussi


Recherche sur Amazone (livres) :




Ce texte est issu de l'encyclopédie Wikipedia. Vous pouvez consulter sa version originale dans cette encyclopédie à l'adresse http://fr.wikipedia.org/wiki/Marabunta.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 10/03/2009.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.
Accueil Recherche Aller au contenuDébut page
ContactContact ImprimerImprimer liens d'évitement et raccourcis clavierAccessibilité
Aller au menu